1. Fermin Muguruza
    Brigadistak Sound System

    Brigadistak Sound System


  2. EO150CD CD

    J'ai voyagé en de nombreux endroits et j'ai retrouvé des traces de Fermin. C'était quelquefois le nom d'un de ses groupes graffité furieusement sur un mur, d'autres fois un écho de rebellion dans une chanson, d'autres encore un simple cri. Mais c'était presque toujours une empreinte multiple qui faisait appel de la musique, de l'idéologie de celle-ci, et même au gars qui l'avait écrite. Au Mexique j'ai trouvé des groupes de ska qui rejetaient toutes les fautes sur Kortatu (qui étaient Laurel Aitken, Specials, Skatalites ou Desmond Dekker?). À Paris j'ai découvert des haches croisées formant un X sur les vêtements - et ce qui est plus important , dans l'esprit! - d'un grand groupe, actuellement clandestin. À Cuba j'ai découvert combien la dernière visite de Fermin avec les Dut avait été importante pour le rock de nombreux gars qui tout comme Fermin, sont davantage redevables aux enseignements du Che qu'de ceux des Rolling Stones. Je pourrais parler de traces aux tats Unis, au Vénézuela ou en Argentine: j'ai trouvé partout des disques de Kortatu, Negu Gorriak, Fermin Muguruza eta Dut ou de Fermin seul, ainsi que des personnes qui ont cru en eux. Il s'agissait la plupart du temps de gens qui me parlaient de changer les choses, de révolution, de justice, de lutte. Pratiquement aucun de ces interlocuteurs ne savait plus de trois mots en euskara et ceci ne m'a pas surpris: il n'y a pas d'autre option que de comprendre ce qui renferme vérité. On peut - et si c'est ainsi qu'on le ressent, on doit - être internationaliste et de la fois, se battre pour sa culture. C'est justement dans ce but que "Brigadistak sound system" a été fait. De l'extérieur vers l'intérieur. De l'intérieur vers l'extérieur. Un beau jour des vases communicants ont été établis entre Irun et le monde. Maintenant on constate qu'ils n'ont jamais aussi bien fonctionné. Fermin a voyagé en beaucoup d'endroits et il a fait de nombreux amis avec sa musique. Maintenant, avec tous ces amis, il a fait un disque que l'on écoute justement ainsi: comme un voyage. Les escales: Paris, La Havane, Caracas, Rome, Buenos Aires, Los Angeles, Barcelone, Biarritz, Londres, Azkarate. Le véhicule: le reggae, de son stade le plus primaire -roots- jusqu'de son évolution contemporaine -jungle- avec les obligatoires concerts ska, revendications en clé de ragga et même un dub dont la facture a été faite par l'éminent Mad Professor sur le thème qui ouvre et referme le disque, Urrun. Fermin démarre avec certains des frères italiens de Banda Bassotti, il continue avec les cuivres démolisseurs de Desorden Público (le meilleur ska d'Amérique latine) et il s'allie avec la voix d'Angelo Moore (Fishbone). Xabi Pery et Tom Darnal (le visionnaire après P18) ont programmé ici lde des machines. Tijuana No et Aztlan Underground ont apporté leur différentes visions d'une même frontière musicale énergique, dure et rapide. La vision d'un ami fidèle perdu dans le siècle, Manu Chao. La vitalité d'Amparanoia. La vigueur de Hechos contra el Decoro. Inadaptats et Parabellum. Et bien sûr, toujours, les camarades de voyage Iñigo Muguruza et Kaki Arkarazo (ingénieur sur la plus grande partie du disque). Et les cuivres et les percussions de la brigade timbalière des mythiques Van-Van. Et la dub-connexion de Todos tus Muertos/Lumumba. Et le ragga de Spartak Dub International. Une infinité d'amis et coreligionnaires dont le nom fait partie irréductible de ce furieux graffiti, de cet echo rebelle, de ce cri qui se dégage des caisses démantibulées du Brigadistak Sound System. Que cela sonne bien haut!

    Bruno Galindo. Madrid

    01 Urrun
    02 Hitza har dezagun
    03 Newroz
    04 Puzka
    05 Harria
    06 Lagun nazakezu
    07 Eguraldi lainotsua hiriburuan
    08 Maputxe
    09 Brigadistak
    10 Oasiko erregina
    11 54-46
    12 Ari du hotza
    13 Nazio ibiltaria naiz
    14 Urrun Dub

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